Traces et Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain (EIAH)


Article paru le 15 mai, 2010

Les 6 et 7 mai 2010, la Troisième Rencontre Jeunes Chercheurs en Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain a eu lieu à l’Université Lyon 1. Cette conférence francophone organisée tous les deux ans et parrainée par l’Association des Technologies de l'Information pour l'Éducation et la Formation (ATIEF), a cette année reçue 17 présentations scientifiques ainsi que des présentations de posters de doctorants dans les domaines de l’informatique et des sciences humaines (didactique des disciplines, pédagogie, sciences de l’éducation, sciences cognitives, sciences du langage). Monique GRANDBASTIEN, Professeure à l’Université Henri Poincaré Nancy 1 et chercheuse au Laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications (LORIA) a ouvert la conférence en présentant l’état des recherches sur les EIAH. Ces deux journées ont donné lieu à de riches échanges et ouvert des pistes pour l’optimisation de la formation et de l’Enseignement, grâce aux outils technologiques. Voici quelques temps forts de la conférence.
 

Définition

Les environnements informatiques pour l'apprentissage humain (EIAH) sont des environnements informatiques qui ont pour objectif de favoriser ou susciter des apprentissages, de les accompagner et de les valider. La recherche sur les EIAH est fondamentalement pluridisciplinaire, en appelant à la coopération de différents secteurs de l'informatique (génie logiciel, réseau, modélisation des connaissances et des interactions, etc.), et des sciences humaines (psychologie, didactique, ergonomie, sciences du langage, sciences de la communication, etc.).
 
Les réalisations sont nombreuses, mais les succès très inégaux. La recherche dans ce domaine est née avec l'informatique mais elle s’est surtout développée avec la montée des recherches dans le domaine de l'intelligence artificielle des années 70.
 
Le terme EIAH est né dans les années 90, avec le souhait de souligner l'interaction entre le projet technologique et le projet scientifique, c’est-à-dire entre :
  • l'informatique, avec la modélisation computationnelle qu'elle exige et son inscription matérielle ;
  • l'apprentissage humain, pour lequel on ne dispose encore que de modèles très partiels.
 

Scénarios pédagogiques

Afin de concevoir un outil informatique qui favorise l’apprentissage, les scénaristes s’attachent à définir des scénarios pédagogiques, les tester et en valider l’efficacité. Il s’agit de modéliser la connaissance d’un domaine sous une forme conceptuelle, afin de la rendre partageable et transmissible entre plusieurs agents (personnes et/ou machines).
 
Pour renforcer la motivation des élèves ou des personnes en formation, les technologies font appel à des applications variées et notamment divertissantes. Le Smartphone ou le jeu vidéo 3D sont des outils ludiques très prisés pour contribuer à cet apprentissage outillé.
 
Le jeu de rôle, en faisant appel à l’imaginaire, place l’élève en situation d’action et lui permet d’évoluer à travers une histoire et à prendre appui sur les règles propres à un contexte social réel.  
 
Le jeu peut également amener le joueur à découvrir par lui-même les règles du jeu. L’intérêt, en simulant une activité propre à un domaine professionnel, est de pouvoir s’exercer, de comprendre les mécanismes pour mieux anticiper les risques et agir de manière stratégique en situation réelle.
 
Ces applications sont pour l’instant principalement utilisées dans les domaines professionnels (banques, finances, armée…). Elles tendent toutefois à s’ouvrir vers des formations plus variées, dans lesquelles l’enseignant participe à la réalisation du scénario pédagogique et tient le rôle de tuteur en accompagnant l’élève dans ses apprentissages sur ordinateur.
 

Evaluation des apprentissages

L’évaluation des apprentissages peut se faire par différents moyens : QCM, dissertations, exercice pratique… On obtient dans ce cas un résultat statique : la réponse fournie par l’élève à un moment x.
 
Toutefois, lorsque l’élève réalise un exercice sur ordinateur, son parcours peut être tracé apportant ainsi des pistes de réponses à des questions fondamentales en termes d’apprentissage auxquelles les évaluations classiques répondent difficilement :
  • quel raisonnement l’élève a-t-il effectué pour obtenir ce résultat ?
  • l’élève a-t-il hésité pour répondre à cette question ?
  • combien de temps a-t-il mis pour répondre à cette question ?
  • est-il revenu en arrière ?
  • a-t-il consulté des ressources pour faire cela ?
Autant de questions qui peuvent trouver pistes de réponses dans les traces. Les traces représentent toutes les données que l’on peut récupérer pour suivre le parcours effectué par l’élève lors de son activité sur ordinateur. L’analyse de ces données peut également fournir des informations pour évaluer l’ergonomie et l'efficacité du logiciel.
 

Sur les traces des correcteurs…

Dans le cas de la correction de copies d’examen, l’outil doit accompagner l’enseignant-correcteur et lui permettre de fournir une note la plus juste possible. Il s’agit pour cela de :
  • Noter une copie rédigée de manière la plus précise possible par rapport au travail fourni par l'élève
  • Noter l'ensemble de copies de manière homogène
  • Harmoniser la correction de chacun des correcteurs entre eux
L’application de correction VIATIQUE offre un environnement nouveau de travail au correcteur qui le met en relation avec ses collègues et inspecteurs pédagogiques pour la correction de l’épreuve.
 
Lors des corrections du Baccalauréat, on peut observer une recherche d’harmonisation et une coordination entre les différents acteurs. En effet, près de la moitié des correcteurs ont utilisé l’outil de messagerie pour communiquer une réponse lorsque celle-ci sort du cadre préétabli du corrigé. Cela a ainsi permis de s’accorder sur la manière de noter des cas particuliers et de respecter l’homogénéité de la correction inter-correcteurs.
 
L’observation des usages sur l’application de correction VIATIQUE nous renseigne sur les moyens déployés par les correcteurs pour respecter les principes de correction et favoriser l’égalité des chances lors des corrections.
 

Conclusion

Cette conférence sur les environnements informatiques et l’analyse des usages nous ouvre ainsi des pistes dans le cadre de la correction de copies d’examen pour permettre :
  • De vérifier l’efficacité des outils mis à disposition des correcteurs ;
  • D’optimiser le temps de travail du correcteur sur l’application de correction ;
  • De favoriser l’harmonisation entre correcteurs.
 
Elle inspire également à d’autres perspectives permettant aux enseignants d’obtenir des informations plus avancées lors de l’évaluation de leurs élèves sur une application informatique.
 
Pour aller plus loin, l’ensemble des actes de la conférence sont disponibles à l’adresse suivante :
Share

Laisser un commentaire

*
Le blog en direct sur Twitter

Posting tweet...

Nuage de tags
Rechercher
Annuaires