Vers le contrôle continu en fin de collège : Rapport Parlementaire de Monsieur Jacques GROSPERRIN


Article paru le 13 avr, 2010

Le rapport parlementaire présenté le 8 avril 2010 par Monsieur Jacques GROSPERRIN, Député de la 2e circonscription du Doubs, préconise un autre type d’examen pour le Brevet des Collèges, qui serait basé sur le contrôle continu. Il est vrai que le coût du Brevet des Collèges s’élève à  6,5 millions d’euros chaque année. Pourtant, le Ministre de l’Education Nationale Luc CHATEL semble opposé à cette proposition qui irait à l’encontre des principes de la République. Quels sont les enjeux de la suppression de cet examen et en quoi ce débat autour de l’évaluation s’attaque-t-il à des problèmes de fond sur l’ensemble du système éducatif en France ?
 
 

1.Les préconisations du rapport

Évaluer des connaissances transversales

Le rapport parlementaire dénonce l’examen du Brevet des Collèges, basé sur une évaluation par discipline, inadaptée selon Jacques GROSPERRIN, à la loi Fillon de 2005. A travers une évaluation par contrôle continu, le Député préconise la valorisation de connaissances transversales et d’une culture permettant aux jeunes de se former leur propre personnalité. Qualifiant le Brevet des Collèges, d’examen « baroque », il demande de s’interroger sur l’obsolescence de notre système éducatif.

Fonder une évaluation basée sur la confiance

A travers cette proposition, le Député dénonce également un « concours déguisé » et une absence totale de transparence. Il est nécessaire de fonder une évaluation basée sur la confiance. L’exercice de dissertation est une évaluation basée sur des critères implicites, non-définis et axés sur une chance unique à un moment donné. Le contrôle continu reposant sur différents types d’évaluation posés régulièrement permet de rendre compte de manière beaucoup plus adéquate et plus juste, des compétences réelles de chacun.
 

Refonder le système éducatif grâce à une évaluation nouvelle

L’idée de faire évoluer la forme de cette épreuve, pour Monsieur Jacques GROSPERRIN, traduit aussi celle de refonder l’ensemble du système éducatif en France, à travers plus de responsabilisation des enseignants. Le rôle des enseignants doit évoluer vers plus d’implication et de réactivité par l'évaluation des connaissances pour fonder des équipes plus stables face aux élèves. L’enseignant doit jouer un rôle de tuteur, de moteur et de déclencheur d’apprentissage chez l’élève.
 

2. La critique de cette proposition

Mise en situation de concours

Si cette proposition séduit certains, d’autres s’inquiètent que le Brevet des Collèges ne permette plus cette première mise en situation des élèves face à l’épreuve du Baccalauréat et aux concours. On peut alors s'interroger sur la nécessité de mise à l'épreuve des futurs citoyens de demain. Ajouté à cela, le contrôle continu soulève plusieurs problèmes de principes. Nous proposons de poser les arguments qui iraient en faveur de cette proposition et de voir dans quelle mesure il pourrait être applicable.

Les notes du Brevet des Collèges perdent leur valeur de diplôme 

La notation des élèves n’est pas remise en cause dans le contrôle continu. En revanche, elle doit être appliquée sur des épreuves qui ont du sens pour l’élève. Les notes obtenues lors du contrôle continu et pour des épreuves variées doivent faire gages de plus de représentativité. Ces notes permettraient non seulement d’obtenir des indicateurs de l’évolution des compétences de l’élève dans le temps ; mais également de motiver l’élève en lui permettant de se rattraper après une mauvaise note et non de le décourager par l'attribution d'une étiquette à la fin de son cycle de formation.

Traitement équitable des copies

Il est important de s’interroger sur le traitement des travaux d’élèves en contrôle continu lorsque l’on sait que les enseignants auront pour charge d’évaluer leurs propres élèves. Pour pouvoir être en mesure de respecter le principe de  correction  par un examinateur détaché, une solution simple pourrait effectivement résoudre le problème : échanger les copies entre enseignants d’établissements extérieurs afin de permettre un traitement plus neutre.

Pressions sur les enseignants

Force est de s’inquiéter également, des enseignants qui seraient amenés à subir des pressions de la part des élèves et de leur famille, afin de faire augmenter leurs notes. La forte progression de la violence dans les écoles pourrait bien témoigner d’une telle situation. L’acte de noter les élèves est en effet une lourde responsabilité qui ne peut directement incomber à l’enseignant chargé des enseignements.
 
 

3.La solution technologique adaptée

Viatique : une plateforme de correction de copies d’examens dématérialisées

Faire évoluer le système éducatif et réduire les coûts ne pourra se faire sans le recours à des technologies fiables et opérationnelles.
 
Viatique est une plateforme de correction de copies d’examens par Internet. Une fois les copies papier numérisées à l’aide d’un simple scanner, celles-ci sont envoyées vers une plateforme sécurisée pour leur correction par des enseignants sur Internet. L’opération n’est pas plus compliquée que d’envoyer un fax.
 
La plateforme de correction offre ainsi une répartition optimisée des copies entre enseignants des différents établissements en France. Cet espace de travail en ligne permet l’anonymat, le confort de la correction (outils dédiés pour faciliter la correction de copies rédigées), l’annotation des copies pour un retour à l’élève, l’archivage des copies et l’accès à des statistiques pertinentes et transparentes de résultats.
 
Utilisée lors des examens du Baccalauréat de 2007 et 2008 auprès de 14 académies en France, l’ensemble des participants, enseignants et administratifs, témoignent de la fiabilité ergonomique, technique et opérationnelle de ce dispositif. L’usage de ce dispositif dans le cadre des examens de contrôle continu permettrait donc de moderniser le fonctionnement des examens, en permettant une prise de conscience et une responsabilisation collective que les enseignants ne manqueront pas d’assumer, à des coûts réduits de manière drastique et avec une efficacité optimisée.
 
 
Le rapport GROSPERRIN propose de redéfinir le fonctionnement des examens en France. Les préconisations du rapport apporte une solution qui à défaut d'être nouvelle, a au moins pour avantage d'être plus souple. La solution technologique VIATIQUE rend ces adaptations opérationnelles et fiables, tout en respectant les aspects déontologiques de cette proposition. Ces moyens techniques permettent alors l’évolution de notre système éducatif sans mettre en péril les principes républicains des examens nationaux ? 
 

Références

Luc Chatel prône l'adaptation du brevet des collèges plutôt que sa suppression, Le Point le 1er avril 2010.

Un rapport parlementaire préconise la suppression du BEPC, RTL 1er avril 2010.

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