QCM Direct à l’usage de l’évaluation formative : le cas des enseignants du Lycée DHUODA de Nîmes


Article paru le 08 avr, 2010

Le 31 mars 2010, les enseignants du secondaire de l’académie de Montpellier se sont réunis pour échanger sur leurs pratiques innovantes, dans le cadre de la deuxième journée des innovations et expérimentations au CRDP de Montpellier. Différents projets expérimentaux seront conduits sur une ou deux années, par les enseignants, afin d’insuffler de nouvelles pratiques et de valoriser celles qui fonctionnent. Inter-Réaction est le projet de trois enseignants du Lycée général et technologique DHUODA de Nîmes, qui sera mené entre 2010 et 2012, visant à mettre le logiciel QCM Direct au service de la détection des difficultés des élèves en classe et surtout au service de leur résolution. Didier DELERIN, Jérôme LE BERRE et Jean-Claude RODRIGUEZ, tous trois enseignants de Mathématiques nous expliquent cette démarche novatrice et impliquée.
 
 

1. Le constat

Le projet Inter-Réaction part du constat que nous livrent les trois enseignants :
 
Premièrement, les types d’erreurs observés chez les élèves sont souvent les mêmes et se répètent d’année en année. Pourtant, le temps de cours n’est pas suffisant pour poser les questions, expliquer les bonnes réponses et surtout faire comprendre leurs erreurs aux élèves.
 
Deuxièmement, le traitement de ces erreurs en classe est très bénéfique pour l’apprentissage, mais lourd. Cela implique de concevoir des sujets d’évaluation, de les faire passer en classe, de les corriger et d’analyser les questions qui ont posé des difficultés pour les expliquer aux élèves. « Il est alors regrettable de ne pas pouvoir analyser un problème alors qu’il est encore « frais » dans la tête de celui qui l’a rencontré », nous expliquent-ils.
 
Troisièmement, les enseignants manquent d'outils pour leur permettre de suivre leurs élèves. « Nos années d’enseignement nous ont amenés à constater un manque d’outils d’évaluation de l’appropriation des leçons », nous livrent-ils.
 
Quatrièmement, les élèves ont beaucoup de mal à être autonomes et à travailler seuls chez eux. De plus, le traitement des difficultés peut difficilement se faire en dehors des heures de cours, sans l’aide d’un enseignant pour leur expliquer les erreurs. Ce travail d’aide à la compréhension est donc un échange nécessaire entre l’enseignant et les élèves en classe.
 

2. Les objectifs

« L’opportunité d’un logiciel, développé par l’entreprise NEOPTEC, permettant de réaliser en temps réel la partie « correction » d’un lot de QCM (environ 2-3 minutes) nous a donné envie d’explorer une autre voie dans l’analyse et le traitement de l’erreur par les élèves. »

 
Cet outil d’évaluation automatisé rapide et fonctionnel a rendu possible la réalisation de plusieurs objectifs :
  1. Pratiquer régulièrement et efficacement l’analyse des erreurs des élèves
  2. Améliorer la régularité du travail de l’élève par des contrôles habituels (non-systématiquement évalué sous forme de note pour le contrôle continu)
  3. Augmenter la concentration des élèves en classe
  4. Rendre les élèves autonomes et responsables de leur formation
  5. Permettre aux élèves de verbaliser, confronter leurs démarches, analyser leurs erreurs et réussites pour la construite de repères plus stables.
  6. Permettre à l’enseignant de prendre conscience des difficultés des élèves et de leur origine

3. La procédure suivie

L’expérimentation a lieu dans deux cours de mathématiques en seconde et dans un cours de mathématiques en première Sciences et Technologies Industrielles –Génie Civil.

Description d’une séance d’expérimentation

La séance d’auto-évaluation et d’auto-correction a lieu en début de cours, tous les quinze jours sur leurs heures de cours habituelles. Compte-tenu de ce manque de temps, le QCM porte en général sur un nombre relativement restreint de questions (5 questions maximum).
 
Les élèves répondent aux questions à choix multiples sur les grilles d’évaluation éditées par le logiciel QCM Direct. Ces grilles sont ensuite numérisées par lots (environ 2 minutes pour un lot de 30 copies pour un scanner à bac). Alors qu’elles sont scannées, les copies sont automatiquement analysées par le logiciel qui attribue le nombre de points obtenus pour chaque élève.
 
Le logiciel permet immédiatement de visualiser les statistiques de résultats. Ceux-ci sont donc projetés sur le tableau blanc à l’aide d’un vidéoprojecteur. L’enseignant peut alors analyser avec les élèves :
  • La répartition des notes dans la classe 
  • Le taux de réussite et d’échec par question
  • Les fréquences de réponses sur les différentes propositions de réponse pour une question
Les questions à fort taux d’échec peuvent ainsi faire l’objet d’un travail plus approfondi, de débattre sur les différentes réponses proposées et d’analyser les erreurs collectivement.
 
Ce travail permet également à l’enseignant de mieux cibler les difficultés des élèves et d’ajuster son cours et sa stratégie pédagogique. Afin d’être le mieux à même de rendre compte de cette pratique, les enseignants se sont également fait filmer dans la classe au cours de ces séances. Ces vidéos permettent ainsi de revoir le détail des réactions des élèves, ainsi que des explications de l’enseignant.

Matériel requis

Pour réaliser l’opération, il est donc nécessaire d’équiper la salle de cours :
  • D’un ordinateur avec une version gratuite (QCM Direct Prima) ou Professionnel du logiciel QCM Direct, en fonction des effectifs de la classe ;
  • D’un scanner ;
  • D’un vidéoprojecteur.

4. Le bilan en cours d’expérimentation

Les progrès des élèves

Après six mois d’expérimentation, difficile d’affirmer que les élèves ont spectaculairement progressé. Il est certain que les élèves manifestent leur enthousiasme, leur attention et participent volontiers à l’explicitation des erreurs.
 

Les difficultés rencontrées

Pour les enseignants, deux difficultés restent majeures :
  • Comment mesurer les progrès des élèves ? Ces exercices permettent de faire le point sur la bonne compréhension de la classe durant la progression du cours, sans sacrifier l'avancée dans le programme. Toutefois, la mesure du progrès ne peut réellement se faire sans un investissement à long terme. Une solution serait de mesurer les évolutions des résultats des élèves qui n’ont pas eu de séances de QCM et de ceux qui en ont eu. En attendant, les enseignants travaillent sur la conception d'un questionnaire de satisfaction qui permettra de connaître les différents points de vue de leur élèves sur les bénéfices ou non de cette expérience et de la faire évoluer dans le bon sens. 
  • Pourrait-on envisager de disposer d’une banque de ressources de questions à choix multiple ? Le plus long et difficile reste en effet la conception de questions à choix multiples pertinentes. Il s’agit de pouvoir identifier des distracteurs (propositions de réponses fausses) suffisamment pertinents, voire même réussir à pointer les erreurs communément données par les élèves. La conception des questions reste donc le travail le plus long pour l’enseignant.

5. Perspectives

Ce premier bilan suscite de nombreuses idées et perspectives que les trois enseignants sont bien décidés à mettre en œuvre, afin d’optimiser cette expérimentation. En voici quelques unes :
  1. Réaliser la séance d’auto-évaluation en fin de cours afin de pouvoir tester la compréhension des élèves directement après le cours et de maintenir l’attention des élèves tout au long du cours ;
  2. Proposer un questionnaire de satisfaction aux élèves afin de sonder leurs réactions et points de vue par rapport à l’outil et aux pratiques d’apprentissage qui y sont liées ;
  3. Faire rédiger les questions à choix multiple par les élèves afin de leur permettre une réflexion sur le cours et les amener à alimenter les distracteurs par leurs propres erreurs ;
  4. Réaliser une typologie des erreurs afin de rendre compte des différents types d’erreurs relevés. La typologie permettrait de réaliser facilement des questions à choix multiples pertinentes et fiables et de les échanger avec d’autres enseignants de la même matière ;
  5. Etendre le projet à d’autres classes et disciplines car ces enseignants en sont convaincus : le QCM n’est pas réservé aux enseignants de Mathématiques. Bien au contraire, le QCM dispose de qualités pédagogiques très bénéfiques pour la détection des difficultés des élèves, à tous les niveaux.
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