Améliorer la performance scolaire : avantages et limites des inspirations internationales
Article paru le 16 déc, 2009
Séminaire de travail, 14 décembre 2009, 

Centre d’Analyse Stratégique, Paris.
Le Centre d’Analyse Stratégique de Paris a accueilli directeurs d’institutions, sociologues, enseignants, chercheurs…, pour se livrer à un ambitieux débat. La problématique du séminaire :
« La France est face au choix de son modèle éducatif : quels sont les avantages et les limites des inspirations internationales ? ». Pour cela, des experts des modèles finlandais et japonais ont apporté des éléments de comparaisons. Présents pour l’occasion, nous vous livrons notre résumé du débat.
Présentation du programme et des intervenants
- Ouverture par René SÈVE, Directeur du Centre d’Analyse Stratégique.
- Introduction par Daniel LAURENT, conseiller spécial de l’Institut Montaigne.
- « Comparaisons internationales, questions de cohérence », Michel QUÉRÉ, directeur de la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP), Ministère de l’Éducation Nationale.
1ère Table ronde : La France entre contradictions et avancées vers un modèle d’inspiration finlandaise ?
- « Le modèle finlandais : l’excellence par l’équité et par l’autonomie ? », Pasi SAHLBERG, expert finlandais en éducation, Directeur général du Centre pour la coopération internationale et la mobilité en Finlande
- « Présentation des réformes françaises s’inscrivant dans la logique du modèle éducatif finlandais », Odile ROZE, Inspectrice Générale de l’Administration de l’Éducation nationale et de la Recherche.
- « Aller plus loin dans les réformes vers l’équité et l’autonomie ?»
Marie-Christine BELLOSTA, Maître de Conférences en Littérature Française, Ecole Normale Supérieure.
Alain BENTOLILA, Professeur à l’Université de Paris Descartes.
Michel SEGAL, Professeur de Mathématiques.
Bernard HUGONNIER, Directeur adjoint de l’Éducation à l’OCDE et Président du groupe de travail “Ecole primaire” de l’Institut Montaigne
Alain BENTOLILA, Professeur à l’Université de Paris Descartes.
Michel SEGAL, Professeur de Mathématiques.
Bernard HUGONNIER, Directeur adjoint de l’Éducation à l’OCDE et Président du groupe de travail “Ecole primaire” de l’Institut Montaigne
2ème Table ronde : La France dans la lignée des principes et méthodes éducatives asiatiques ?
- « Le modèle asiatique : L’excellence par l’élitisme et la transmission du savoir ? », Jean-François SABOURET, Sociologue de l’Éducation, spécialiste des modèles éducatifs asiatiques, Directeur de Recherche au CNRS, Directeur du Réseau Asie-Imasie (CNRS). Bernard HUGONNIER, Directeur adjoint de l’Éducation à l’OCDE et Président du groupe de travail “Ecole primaire” de l’Institut Montaigne.
- « Présentation des réformes françaises s’inscrivant dans la logique du modèle éducatif asiatique », Christian FORESTIER, Inspecteur Général de l’Éducation, Membre du Haut Conseil pour l’Éducation, Administrateur Général du Conservatoire National des Arts et Métiers
- « Renforcer, recréer ou faire disparaître la logique élitiste en France ? »
Marie DURU-BELLAT, Sociologue Française, Professeur de Sociologie à Sciences-Po Paris et Chercheur à l’Observatoire Sociologique du Changement
François TADDÉI, Chercheur INSERM, Faculté Paris Descartes, Créateur du Centre de Recherches Interdisciplinaires, École Doctorale soutenue par la Fondation Bettencourt et Rédacteur d’un rapport sur l’éducation pour l’OCDE
- « Pour aller plus loin : regards croisés sur le système éducatif français », Tristan LECOQ, Directeur du Centre International d’Études Pédagogiques (CIEP)
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Pour entrer dans le débat, nous présentons brièvement le constat unanime livré sur notre système éducatif en France :
- Une priorité implicite est donnée à la formation d’élites qui occupent des places dominantes ;
- La sélection opère avec les laissés-pour-compte de l’apprentissage de la lecture au CP et une accumulation successive des lacunes dans les autres matières ;
- Une orientation basée sur l’échec avec une réduction progressive des chances ;
- Une incompatibilité entre l’offre de formation et l’offre du marché du travail ;
- Une frilosité à innover ;
- Un découragement de tous les acteurs.
A l’heure où le système s’essouffle, quels enseignements peut-on tirer des systèmes étrangers favoris des médias ?
Le modèle finlandais
Le modèle finlandais interpelle par sa simplicité. En tête de liste des résultats de l’enquête PISA, les français s’interrogent sur le secret d’une telle recette. Pasi SAHLBERG explique que le modèle éducatif de son pays s’est vu entièrement refondre après la seconde guerre mondiale. C’est dans un contexte politique de consensus, qu’a pu émerger un modèle nouveau. En voici les grands principes :
- Une large autonomie des acteurs locaux, régulée par des évaluations d’accompagnement des écoles ;
- Peu d’heures consacrées à l’enseignement formel et aux devoirs scolaires ;
- Une place importante accordée à la créativité et aux loisirs ;
- Des évaluations essentiellement formatives sans esprit de compétition ;
- Des formations opérationnelles orientées sur l’offre du marché du travail ;
- Un métier d’enseignant valorisé accessible aux meilleurs ;
- Des enseignants libres de choisir le contenu de leur enseignement.
Le modèle japonais
Dans une toute autre logique, le modèle japonais illustre le modèle de l’excellence par l’élitisme. Jean-François SABOURET décrit les spécificités de ce modèle :
- Une autonomie des écoles basée sur une organisation managériale ;
- L’égalité des chances pour tous à l’entrée avec des manuels scolaires offerts aux élèves du primaire ;
- Des évaluations fréquentes, une forte sélection et un fort esprit de compétition, avec l’existence de nombreuses offres de formations privées, désignées « boîtes à concours » ;
- L’apprentissage de la reconnaissance du travail ;
- Une formation orientée sur le « trackage » des élites et la formation de très bons exécutants le cas échéant ;
- Un accueil des étrangers restreint.
Vers un nouveau modèle français ?
Marie DURU-BELLAT souligne qu’il ne suffit pas de « mixer » les particularités des modèles voisins pour construire notre propre système. Un modèle éducatif ne peut pas s’imaginer sans prendre en compte son contexte social, culturel et économique, comme l’a rappelé précédemment Michel QUÉRÉ.
Pour François TADDÉI, il est temps pour la France d’innover ! A l’heure où la production de savoirs se multiplie de façon exponentielle, il faut apprendre aux nouvelles générations à construire en s’appuyant sur les nouvelles technologies. Il faut ouvrir des espaces de créativité et mettre à disposition les outils pour permettre le développement des savoirs.
Il apparaît important que le Centre d’Analyse Stratégique puisse évoquer ce sujet. Ce séminaire a permis aux acteurs institutionnels et experts de croiser leurs travaux et de faire évoluer le débat.
